Une visite guidée de la collection ACONIT

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Bull Gamma 30

Un centre de calcul pour une compagnie d'assurances


Cette machines, la franco-américaine Bull Gamma 30 est caractéristique des grands centres de gestion des années 60. Des machines transistorisées, avec mémoire à tores magnétiques. La miniaturisation de l'électronique n'est pas encore apparue. Tous les circuits logiques des machines sont sur des cartes enfichables qui portent des circuits électroniques dit « imprimés » (en fait le circuit en cuivre est le résultat de la gravure à l'acide d'un plan de cuivre collé sur la carte).

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Pour développer rapidement les grands ordinateurs nécessaires à l'économie française d'après-guerre, Bull a du passer des accords avec l'américain General Electric. Le Bull Gamma 30 est une belle réalisation Bull sur technologie General Electric.

Le Gamma 30 de la collection ACONIT est un système complet qui était utilisé par les Assurances « La Mondiale » à Lille. Il comprend :
– 4 armoires contenant l’unité centrale, ses mémoires à tores, les alimentations, les circuits de commande des périphériques,
– un lecteur de cartes de grande capacité,
– un perforateur de cartes piloté par l'ordinateur,
– une armoire 6 bandes magnétiques,
– une imprimante à tambour,
– (il manque la machine à écrire ou le téléimprimeur de commande de l'opérateur).

Segment d'un tambour d'imprimante

Segment d'un tambour d'imprimante

Ces grosses imprimantes ont été utilisées pendant des années pour imprimer à grande vitesse les « listings » sur des liasses de papier pliées en accordéon et entraînées par des marges perforées de chaque côté : les « bandes Caroll ». une imprimante de ce type devait imprimer 400 à 600 lignes à la minute. Certaines imprimantes travaillaient à 1000 lignes/minute dans un fracas épouvantable !

L'imprimante utilise un tambour métallique sur lequel tous la caractères imprimables sont gravés, sur 120 colonnes en général. On trouve dans l'ordre de l'avant vers l'arrière :
- le tambour qui tourne à grande vitesse,
- un ruban encreur de la largeur du tambour,
- la feuille de papier qui avance par secousse, ligne à ligne
- 120 « marteaux » actionnés par des électro-aimants placés derrière chaque colonne.

À chaque instant, la logique de l'imprimante compare la ligne à imprimer avec la position du tambour et lance les marteaux qui frappent au vol le bon caractère au bon emplacement.

Comme l'impression se faisait par frappe, on pouvait superposer plusieurs feuilles dans la liasse avec des feuilles de « papier carbone » intercalaires.

Les programmeurs gardaient généralement les listings non découpés et tournaient les volets pour examiner leurs programmes et leurs résultats. Pour les impressions à usage commercial, des machines « déliasseuses » se chargeaient de couper les marges, de séparer les feuilles imprimées et les carbones, et éventuellement de séparer les feuilles de chaque liasse.

Le stockage d'information sur bande magnétique est arrivé très tôt : la technologie était déjà connue pour l'enregistrement sonore (magnétophones).
La bande magnétique standard, qui a été utilisée de 1960 à 1990 environ, est un ruban plastique (mylar) de 12,7 mm de large (1/2 pouce) et de 720m de long. Elle porte une couche d'oxydes magnétiques sur une face. Elle défile devant une tête d'enregistrement qui trace 9 pistes parallèles au long de la bande (8 pour un octet, plus 1 pour la parité – Au début c'était 7 pistes pour des caractères de 6 bits).

La tête magnétise l'oxyde suivant 2 polarités opposées pour les 1 et les 0. Lors du passage en lecture, le changement de polarité magnétique provoque une impulsion électrique dans la tête de lecture.

La bande défile à 2 m/s environ en écriture/lecture et à 5m/s environ en recherche d'un enregistrement. À cette vitesse, le lecteur est capable de détecter le début et la fin des blocs enregistrés et de s'arrêter dans l'espace entre 2 blocs (3/4 pouce = 19 mm !). Pour supporter les accélérations et les coups de freins, la bande est tirée de chaque côté de la tête par des « puits à vide ». Elle forme ainsi une boucle, sans inertie, qui peut débiter ou absorber instantanément. Les moteurs des bobines sont asservis à la position de la bande dans les puits et tournent à la demande.

La capacité d'une bande magnétique est très élevée. On dit couramment qu'on peut enregistrer toute la Bible sur une bande ! Mais les temps d'accès sont longs : il faut défiler toute la bande pour trouver le bon enregistrement et le lire...
D'autre part, on ne peut pas corriger une enregistrement au milieu de la bande : il est nécessaire de tout copier sur une autre bande jusqu'à l'enregistrement erroné, d'écrire le bloc corrigé, puis de copier le reste de la bande.

Le lecteur de cartes du Gamma 30 impressionne avec son bac d'entrée immense. Au début de chaque « fournée », il était alimenté en continu, bac de cartes après bac de cartes...

En effet, l'exploitation de ce type de machine (une par entreprise !) se faisait en « Batch », terme anglais qui signifie tout simplement fournée, comme chez le boulanger.
Quand un programmeur avait un travail à lancer, il préparait un bac de cartes comprenant d'abord les cartes de commandes (qui précisaient les programmes à lancer, avec les options), puis les programmes à traiter, puis toutes les cartes de données. Il joignait une feuille précisant les bandes magnétiques qui seraient utilisées et déposait le tout dans un guichet à l'entrée du « Centre de calcul ».
Les opérateurs préparaient les bandes magnétiques sur un chariot. Puis à l'heure de lancement du batch, ils enfournaient les paquets de cartes dans le lecteur. Souvent les cartes étaient d’abord transféres sur une bande magnétique, en attente de traitement.

Quand le travail arrive en exécution, le pupitreur voyait s’imprimer sur sa machine à écrire le numéro des bandes et le numéro du dérouleur à utiliser. Il donnait les ordres à l’opérateur (par micro et haut parleur dans les grands centres de calcul !)
Le travail s’exécutait, une page de titre s’affichait sur l’imprimante (gros caractères dessinés), puis tous les résultats s’imprimaient. Si le programme « se plantait » : tout le contenu de la mémoire était imprimé en octal ou en hexadécimal, c'était le « post mortem dump »…
Quand les programmeurs revenaient au guichet, ils retrouvaient leurs paquets de cartes et des gros « listings »  ! Il ne leur restait plus qu'à rentrer dans leur bureau pour rechercher dans le « dump » le contenu de toutes leurs variables et à essayer de comprendre…
On pouvait faire un ou deux passages par jour.

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