Une visite guidée de la collection ACONIT

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Les premiers micro-ordinateurs

Micral S, Alcyane, TRS80, Commodore CBM…


Vers 1970, les progrès de la micro-électronique permettent de dépasser le millier de transistors sur une puce. On peut mettre des fonctions complexes dans un circuit intégré, et pourquoi pas le coeur d'un ordinateur ?
Encore faut-il le construire de façon intelligente et trouver les applications…

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En 1971 la société de circuits intégrés Intel sort un micro contrôleur (un petit truc pour piloter des entrées sorties). L’Intel 4004 4 comprend tous les éléments qui forment le coeur d’un ordinateur : registres, additionneur, décodage des instructions (sans mémoire). Il contient 2300 transistors et fonctionne à 108 kHz. Il traite des données de 4 bits.
L’année suivante, en 1972, sort le 8008 qui lui traite des mots de 8 bits. Il contient 3500 transistors et peut fonctionner jusqu'à 500 kHz. Il a été développé pour piloter un terminal Datapoint 2200.
Le 8008 sera suivi en 1974 par le 8080 et en 1993 par le Pentium qui dépasse le million de transistors. On atteint maintenant le milliard…

Micral N (© WikiMedia Commons)

Micral N (© WikiMedia Commons)

Mais revenons en 1972 : en France, l’INRA (Institut National de la Recherche Agronomique) a besoin de piloter des appareils de mesures et cherche une solution à faible coût. François Gernelle, de la société R2E, propose une solution construite autour d’un microprocesseur Intel 8008, complété par des circuits mémoires, des circuits d’entrées/sorties, une alimentation, etc. Le Micral N sera le tout premier des micro-ordinateurs.

Les Micral N sont maintenant rares, mais vous pouvez en voir un au Musée ds Arts et Métiers. De son côté ACONIT conserve un "Micral S".
Techniquement, le Micral S est doté d'un microprocesseur Intel 8080, alors que le Micral N utilisait un 8008.
A. Reynaud (directeur du marketing de R2E) précisait en 1978 dans un article : « Micral se compose de deux lignes de produits, l'une industrielle et scientifique avec l'optimal S-80, le Micral S et la Micral M (multiprocesseur), l'autre de gestion avec la série 80 et le Micral V ».

La collections ACONIT comporte aussi cette configuration complète Alcyane, produite par la société MBC vers 1976. Elle est composée de 3 coffrets métalliques, de présentation très industrielle :
- en bas, l'unité centrale avec 8 clés et voyants pour les données, 16 clés et voyants pour les adresses mémoire, 8 clés pour la mise en route, l'arrêt, le pas à pas (même présentation que le Micral-N),
- au milieu, une unité avec 2 lecteurs de disquettes 5,25 pouces,
- en haut, une unité « mémoire ».
Plus un écran cathodique 13 pouces et un clavier avec quelques touches de fonctions spéciales.

L’Alcyane était destiné à des clients professionnels, de type PME. La société MBC a développé pour cette machine un système d’exploitation très complet (gestion de disques, interconnexions...) et un langage Basic adapté à la gestion, en français. Le système d'exploitation est extrêmement souple : on peut connecter plusieurs unités centrales entre elles, ajouter des disques, etc. (Les concepteurs Georges Cottin et Jean-Pierre Bouhot parlaient d'architecture « nodulaire »).
Cependant la machine n'a pas eu un grand succès. Le système manquait certainement de puissance, mais on peut aussi se demander quelle était, à l'époque, la crédibilité d'une petite machine de ce type face aux grands systèmes de gestion.

Il ne faut pas croire qu’à partir de là, les micro-ordinateurs se répandent largement… En fait, les premiers qui vont se lancer sur ces techniques sont les amateurs de construction électronique. On va beaucoup expérimenter, s’essayer à la programmation, essayer des jeux.
Quelques sociétés se lancent sur le créneau : il faut citer en particulier Radio Shack, société qui vend du matériel et des composants pour les radio-amateurs et autres bricoleurs.

Radio Shak sort en 1977 le TRS80 : l’unité centrale est dans le gros clavier, on utilise un téléviseur Radio Shak pour l’affichage et un magnétohone à cassetes (Radio Shak encore) pour enregistrer les programmes.

La société Commodore, basée à Toronto, rachète le fabricant de circuits MOS Technology. Un ingénieur développe un micro-ordinateur basé également sur le 6502. Il sera commercialisé en 1977 sous le nom Commodore PET (pour Personal Electric Translator, mais aussi « petit animal de compagnie ») ou Commodore CBM en Europe.

Cette machine est robuste, mais laide et comporte un clavier « jouet  » épouvantable.
Mais le Commodore PET est doté d’un interface d’entrées/sorties HP-IB qui permet le raccordement direct de nombreux appareils de mesure. C'est ce qui va faire son succès et ce micro-ordinateur entre dans les labos et dans les ateliers.

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